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CONFUSIONS D’UN ÉTÉ

Sydney, AUSTRALIA: Mecca Laa Laa wearing a full body covering known as the 'burqini', prepares for patrol at Sydney's Cronulla beach, 04 February 2007. Australia's first group of Muslim lifesavers hit the sands of Sydney's Cronulla beach, just over a year after mobs of whites attacked Lebanese Australians there in a bid to "reclaim the beach." The race riots, the country's worst of modern times, sparked a series of retaliatory attacks in which churches, shops and cars were trashed and left Australians of Middle Eastern appearance fearful of going to the beach. AFP PHOTO/Anoek DE GROOT (Photo credit should read ANOEK DE GROOT/AFP/Getty Images)

 

 

L’été a été source de nombreuses confusions en matière d’application du principe de laïcité.

L’État est garant de la liberté des cultes et du respect de l’ordre public. À cet égard dans le cadre de la police administrative, les maires ont en effet la possibilité de prendre des arrêtés en cas de troubles manifestes à l’ordre public et le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur est chargé d’un certain contrôle de légalité des pratiques cultuelles.

Que le gouvernement s’intéresse à l’organisation de l’Islam en France, rien de plus normal. Mais que le président de la République nomme le président d’une fondation de droit privé, chargée du financement de l’Islam et de l’organisation du culte musulman, paraît totalement extravagant.

Une fondation reconnue d’utilité publique a, de droit, en son conseil d’administration des représentants du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Économie et des finances. Cependant, il est assez rare que le gouvernement nomme les présidents et les membres dudit conseil d’administration autres que les représentants de l’État, surtout s’agissant d’une fondation concernant une religion.

Enfin, que l’on ait nommé à la tête de cette institution un non-musulman est absurde et insultant à l’égard des musulmans de France.

Imagine-t-on un non-juif à la tête du consistoire ou du CRIF, ou un athée à la tête du secours catholique ?… Ainsi n’y a-t-il aucune personnalité musulmane dotée de qualité de diplomatie et de gestion qui soit capable de présider une telle structure ? Tahar Ben Jelloun membre de l’Académie Goncourt en a été nommé vice-président, pourquoi pas président ? Le silence gêné des musulmans de France à cet égard montre leur degré d’encaissement des coups qui leurs sont finalement quotidiennement portés. Alors même que Jean-Pierre Chevènement appelait les musulmans de France à plus de discrétion ! Et les catholiques, et les tenants de la religion juive, sont-ils plus discrets ? Les auteurs de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des églises et de l’État doivent se retourner dans leur tombe !!! Première confusion.

Ensuite nous avons eu droit à la chasse au burkini.

Le Conseil d’État dans sa sagesse a rappelé de manière impeccable la loi. Certes, il s’agit d’une ordonnance d’appel d’un référé, et le Conseil d’État devra réaffirmer sa position au fond. Néanmoins la simple lecture de l’arrêt du Conseil d’État rappelle les principes élémentaires en la matière.

Que la multiplication des burkinis sur certaines plages soit une provocation d’intégristes musulmans, cela ne fait aucun doute. Mais répondre à une provocation par une autre provocation nous paraît d’une maladresse politique grave.

D’abord on dénote, dit-on plus de 4 millions de musulmans en France. Et l’on a constaté quelques dizaines de burkinis sur des plages très ciblées : où est le danger quant à cet « envahissement » ?

Les provocateurs ont réussi leur coup puisqu’il a été répondu par un certain nombre de maires, soutenus par des politiques éminents et en particulier le Premier ministre par, au nom de la laïcité et de l’asservissement des femmes, la sanction, la punition, l’interdiction, alors que la seule réponse était l’indifférence.

Il ne s’agit pas d’un problème de laïcité puisque le burkini n’est pas un signe religieux, et il est même dénoncé par les islamistes les plus radicaux. La neutralité confessionnelle, la laïcité, relèvent du domaine public et du service public. Elles ne peuvent être étendues à tous les espaces et à tous les actes de la vie des personnes privées qui vivent en France.

Par ailleurs, confondre la lutte contre le burkini et la lutte contre le terrorisme islamiste est évidemment un raccourci intellectuel tout à fait inacceptable. Ces réactions agressives peuvent pousser un certain nombre de musulmans, hier modérés, dans les bras d’un islamisme plus radical. C’est exactement ce que cherchent les intégristes. Sachons garder raison.

Quant à l’asservissement des femmes, qui, au nom des femmes, peut juger ex abrupto que les femmes portant le burkini, ou le foulard, ne le font pas librement et qu’elles sont, par principe, par nature, soumises à leur milieu social et culturel ou à leurs époux et compagnons ? Qu’il y ait des femmes contraintes, personne ne peut le nier mais nous ne pouvons pas occulter le fait que beaucoup de femmes, et peut-être la plupart, portent le foulard et le burkini, de manière totalement libre.

Le nouveau courant républicaniste concernant l’application de la laïcité en la rendant punitive, exclusive, autoritaire, est à notre sens une erreur grave. Plus on dénoncera, on interdira, on exclura au nom de la laïcité et plus la laïcité éloignera de nombreuses couches de notre population des principes républicains. Plus on voudra étendre la laïcité à tous, à tout moment et partout, et plus la laïcité sera affaiblie.

Ce n’est pas d’autre part en utilisant les mêmes mots, les mêmes armes, les mêmes concepts et les mêmes discours du Front National que l’on pourra lutter contre le Front national et celui-ci naturellement se réjouit de ce qui s’est passé en France, cette réaction épidermique et agressive qui ne fait que le lit de tous les extrémismes et de tous les intégrismes.

Toutes les religions ont eu et ont encore des problèmes avec l’égalité hommes femmes, l’acceptation de l’homosexualité et la liberté des mœurs… C’est vrai du catholicisme, du judaïsme et de l’islam. Dans l’application de la laïcité, en ce moment, n’est visée que la religion musulmane. Beaucoup de musulmans se considèrent stigmatisés de manière abusive. Qu’on le veuille ou non, notre société est multiculturelle et le multiculturalisme peut-être une chance pour la France.

Il ne s’agit aucunement de reconnaître des droits à des communautés en tant que telles, mais de considérer chaque être humain comme un sujet de droit libre et égal entre tous.

La laïcité peut être perçue par certains comme une arme pour défendre l’identité française et en particulier son identité chrétienne, or c’est le contraire de la laïcité. Les valeurs de la République ne s’imposent pas par la force, mais par l’enseignement, la pédagogie et la conviction. Pour que l’universalisme de ses valeurs soit reconnu il ne faut pas appeler et obliger à l’assimilation. Il faut accentuer au contraire les politiques d’intégration face à une société qui se déstructure économiquement et socialement. Dans certains quartiers ou dans certaines cités, déshumanisés, le lien nécessaire entre l’homme et la société, entre le citoyen et la République, est rompu. C’est à ce défi que nous devons tous nous atteler.

Il faut accompagner l’islam de France dans une évolution nécessaire d’un certain nombre de ses pratiques et de ses dogmes. Des musulmans représentants, ce qu’ils appelaient eux-mêmes « l’élite », l’ont clairement dit dans différentes tribunes. Ce n’est pas suffisant : il faut que l’islam s’organise avec des interlocuteurs légitimes et représentatifs auprès des pouvoirs publics. L’islam doit incontestablement travailler à sa propre révolution des esprits.

La laïcité, valeur universelle, quoi que spécifiquement française, est un moyen d’aider à cette transformation et à cette intégration.

L’OBSERVATOIRE INTERNATIONAL DE LA LAÏCITÉ

CONTRE LES DÉRIVES COMMUNAUTAIRES.

Son Président,

Jean-Michel Quillardet

Communiqué sur nos prochaines rencontres

COMMUNIQUÉ

Observatoire international de la laïcité

contre les dérives communautaires

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires vous informe de nos prochaines rencontres.

 

  • Pour les 30ans de Radio Notre Dame 100.7, une conférence est organisée durant trois jours, depuis l’amphithéâtre Cardinal Louis-Marie Billé (58 avenue de Breteuil dans le 7ème arrondissement de Paris) avec une série d’émissions en direct. Jean-Michel Quillardet a été invité à participer à l’émission La voix est libre le mardi 11 octobre de 9h à 10h. La voix est libre, rendez-vous quotidien avec l’actualité, aura pour thème « Les catholiques doivent-ils se laisser taper dessus ? ».

  • Conférence publique. Quel dialogue voulons-nous construire, nous, organisations philosophiques et non-confessionnelles, avec l’Union européenne ? Jean-Michel Quillardet participera au colloque organisé au Parlement européen à Bruxelles le 20 octobre prochain de 14 à 18 heures (Salle A3G2) à l’invitation de Véronique de Keyser, député européen.

  • Par ailleurs, le président de l’O.I.L.C.D.C., Jean-Michel Quillardet, est l’auteur d’une tribune « Une vision concordataire de la laïcité » publiée le 13 septembre dernier dans la Gazette des communes et traitant des quatre arrêts rendus cet été par le Conseil d’État qui transforment l’équilibre de la loi du 9 décembre 1905. Nous vous proposons de retrouver cet article ici : Gazette des Communes – 13 septembre 2011.

Fait à Paris, le 30 septembre 2011

Communiqué sur la jurisprudence du Conseil d’État

COMMUNIQUÉ

Observatoire international de la laïcité

contre les dérives communautaires


L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires vient de prendre connaissance de la jurisprudence du Conseil d’État quant à l’application de la loi de 1905.

Au moment où l’Assemblée nationale a voté une résolution portant sur « la laïcité et la liberté religieuse », on ne doit pas s’étonner que désormais la laïcité se confonde avec la liberté religieuse.

Alors que cette dernière n’est qu’une branche de la laïcité.

Le Conseil d’État s’inscrit parfaitement dans cette démarche : il protège d’abord d’un point de vue juridique le libre exercice des cultes, faisant passer au deuxième plan la séparation des églises et de l’État revenant ainsi, à notre sens, clairement, sur le principe même de la loi de 1905.

La laïcité sans adjectif, se voit en effet substituer la notion de laïcité plurielle, positive, ouverte.

L’Observatoire international de la laïcité ne peut que le dénoncer.

Les dernières décisions du Conseil d’État posent en fait la question du statut des églises et des religions dans la société française d’aujourd’hui.

L’esprit, tant de la résolution votée par l’Assemblée nationale que de la jurisprudence du Conseil d’État, est de leur accorder un statut privilégié et dérogatoire à toutes autres formes de pensée, de philosophie ou de démarche spirituelle ou matérialiste.

La loi de 1905 n’est pas modifiée et ne le sera pas mais, peu à peu, par des dispositions réglementaires ou des décisions jurisprudentielles, elle est en effet désormais amendée, toilettée, réorganisée, et ce au prix d’un déséquilibre constant entre une conception du monde, religieuse, parfaitement légitime et respectable et de multiples autres conceptions, tout aussi légitimes et respectables mais qui ne bénéficient d’aucun privilège public.

Faut-il alors, devant ce triste constat, s’inspirer de la laïcité à la belge : soit reconnaissance et financement des cultes par l’État mais également reconnaissance et financement des associations laïques et philosophiques par l’État ?

L’Observatoire international de la laïcité au cours des prochaines élections présidentielles interpellera chaque candidat pour connaître sa position et ses engagements quant à l’application du principe de la laïcité dans le cadre de la République française.

Pour l’O.I.L.C.D.C., son président,

Jean-Michel QUILLARDET

               

La laïcité au 21e siècle

Le Centre Communautaire Laïc Juif, ou CCLJ, est une association sans but lucratif sise en Belgique, ayant pour but de promouvoir une vision libre-exaministe du judaïsme, appuyant fortement sur la culture juive, ainsi que la paix au Moyen Orient.

Le CCLJ possède son propre organe de presse, Regards, magazine qui publie dans son numéro 721 un article intitulé « LA LAÏCITÉ AU 21e SIÈCLE » en sollicitant l’opinion d’Éliane Deproost*, secrétaire générale du Centre d’action laïque (CAL) et de Jean-Michel Quillardet, président de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires (OILCDC).

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Communiqué sur les accords Kouchner-Vatican

Saint-SiègeL’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires a pris connaissance de la décision du Conseil d’État rejetant les recours des associations de défense de la laïcité à l’encontre du décret ayant entériné l’accord du 18 décembre 2008 signé entre le ministre des Affaires étrangères français et les représentants du Vatican sur la reconnaissance mutuelle des diplômes universitaires.

Rappel : que prévoit cet accord ?

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Une loi politique et ses remous juridiques autour de la burqa

Dans un article du quotidien régional Sud Ouest publié le 20 mai dernier, la journaliste Hélène Rouquette-Valeins revient en détail sur les principales questions que soulève le projet de loi sur le voile intégral. De quoi s’agit-il? Pourquoi légiférer? Qu’est-ce que cette loi pourrait déclencher sur le plan juridique? Que cache le voile intégral sur le plan politique?

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POSITION SUR LE VOILE INTÉGRAL

Au moment où le Parlement examine une résolution et où le gouvernement s’apprête à proposer une loi portant sur le voile intégral, l’Observatoire international de la laïcité se déclare favorable à une législation interdisant le port du voile intégral dans tous les espaces accessibles au public. Lire la suite…

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