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Posts Tagged ‘État’

NOTE SUR LA LAÏCITÉ DANS L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE

La société française, depuis quelques années est traversée par des tensions identitaires et l’on assiste incontestablement à une communautarisation de la société contraire à tous les principes républicains.

L’école de la République doit être :

  • D’une part le lieu où la laïcité républicaine s’applique pleinement ;

  • D’autre part le lieu où les principes de laïcité doivent être enseignés pour qu’ils soient mieux compris.

En effet, l’on constate que la question de la laïcité est souvent mal comprise et que ce principe a besoin en effet d’être enseigné.

Plusieurs initiatives ont été prises dans l’enseignement supérieur à cet égard, notamment la création d’une chaire Jean Zay, « La laïcité dans les sociétés contemporaines », à Sciences Po Bordeaux, chaire que nous avons eu l’honneur d’occuper pendant deux années. De même, avec l’université d’Évry-Val d’Essonne, nous avons créé un enseignement de la laïcité ouvert aux étudiants de première année, multidisciplinaires.

Il a pu ainsi être constaté que les étudiants ignorent totalement ce qu’est la laïcité, considérée en règle générale comme la négation de la religion et des croyances religieuses. C’est la raison pour laquelle il nous paraît important au cœur de l’école de la République de réinscrire cette problématique.

Deux propositions peuvent, à cet égard, être formulées :

  1. Concevoir une charte de la laïcité au sein de l’école de la République, à l’image de la charte des services publics, qui pourrait être annexée au règlement intérieur de l’établissement, affichée dans les locaux de l’établissement scolaire et, au début de chaque année, lue et commentée par le professeur des écoles pour les écoles primaires et le professeur principal pour les lycées et collèges.

Cette charte pourrait reprendre l’essentiel de la charte de la laïcité dans les services publics adoptée en 2009 sur proposition d’un texte du Haut Conseil à l’Intégration.

Sa trame pourrait donc être la suivante :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle garantit des droits égaux aux hommes et aux femmes et respecte toutes les croyances.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, notamment religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

La République assure la liberté de conscience et garantie le libre exercice des cultes dans les conditions fixées par la loi du 9 décembre 1905.

Dans l’école publique, tout agent public a un devoir de strict de neutralité et doit traiter également toutes les personnes et respecter leur liberté de conscience, le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations.

Tous les élèves de l’école de la République sont égaux.

Leur culture, leur croyance, leur conviction philosophique et religieuse doivent être respectées.

Les élèves ne peuvent cependant manifester des signes ostentatoires de leur appartenance religieuse, ni remettre en cause les programmes scolaires au nom de leur culture ou de leur croyance religieuse.

La laïcité c’est le droit de croire ou de ne pas croire.

La République ne reconnaît aucun culte mais admet le libre exercice de ceux-ci dans le respect de la liberté de conscience.

La République ne privilégie aucune conviction religieuse, spirituelle ou philosophique par rapport à une autre et elle assure la neutralité stricte du service public et en particulier de l’école de la République, dans le respect des valeurs qui ont fondées la République… ».

  1. Il convient d’insérer ou de prévoir dans les programmes scolaires, en particulier au collège et au lycée, des enseignements spécifiques de la laïcité rappelant ses origines philosophiques et historiques, l’organisation des rapports entre l’État et la religion en France, le modèle spécifique français de laïcité, les grands textes juridiques qui la régissent (loi de 1905, loi de 2004 sur le port du voile à l’école, loi sur le port du voile intégral, etc.) afin surtout comme objectif pédagogique de faire comprendre que la laïcité c’est ce qui permet le droit à la différence, sans accepter la différence des droits, qu’elle est rassemblement et non pas exclusion et qu’elle permet comme principe juridique et philosophique de vivre dans la République et en particulier dans l’école de la République en harmonie malgré nos différences.

Cet enseignement s’inscrirait parfaitement dans le cadre de l’enseignement de la morale laïque.

Celle-ci pourrait être définie comme l’ensemble des valeurs qui ont fondé la République, puisant ses sources dans la philosophie des Lumières et les principes de la Révolution française, par opposition aux valeurs de l’Ancien Régime.

Il est incontestable que tant les Lumières que 1789 ont marqué une rupture dans l’histoire intellectuelle et politique de notre pays. En d’autres termes, l’Ancien Régime était circonscrit autour de la tradition, de la religion et de l’inné, alors que la République, elle, prône le progrès, la raison, l’acquis.

Telles sont les quelques observations et quelques propositions que nous nous permettons de présenter.

Jean-Michel Quillardet,

Président de l’Observatoire international de la laïcité,

Chargé d’enseignement de la laïcité à l’université d’Évry-Val d’Essonne,

Ancien Grand Maître du Grand Orient de France

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La laïcité dans la Constitution… (2)

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires s’est félicité de la proposition de Monsieur François Hollande de constitutionnaliser les deux articles de la loi de 1905, ce qui est tout à fait possible sur le plan juridique contrairement à ce qu’affirment des constitutionnalistes auto-proclamés.

Par contre, l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires ne peut en aucun cas être en accord avec la proposition nouvelle de Monsieur François Hollande de modifier l’article 1er de la loi de 1905 en ajoutant à la première partie existante :

La République assure la liberté de conscience, garantie le libre exercice des cultes

l’alinéa suivant :

et respecte la séparation des églises et de l’État conformément au titre premier de la loi de 1905 sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle (…).

La loi de 1905 ne doit pas être modifiée, même à la marge.

Et surtout, l’introduction de cet article dans la Constitution de la République française conférerait un statut constitutionnel au statut dérogatoire, contraire au principe de laïcité et au caractère un et indivisible de la République, de la l’Alsace et de la Moselle.

Il ne peut être accepté qu’en France il y ait possibilité dans deux départements français, mais il existe aussi un certain nombre de départements et territoires d’outre-mer, que l’État et les communes financent l’édification de lieux de cultes et que cela ne soit pas admis dans le reste du territoire.

Comment alors expliquer l’application ferme du deuxième article de la loi de 1905, alors que celui-ci est en effet violé dans ces départements ?

Il faut au contraire remettre en cause le statut concordataire ou en tout cas affirmer clairement qu’il est dérogatoire et contraire au principe de laïcité et qu’il conviendra bien un jour, de le modifier.

La laïcité ne souffre pas de timidités.

La loi de 1905 est claire et nette, et elle n’exclut personne.

Elle est le pacte républicain : elle doit être inscrite dans le texte constitutionnel mais certainement pas de manière amendée.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

LA LAÏCITÉ EN ÉCHEC

L’esprit laïc depuis quelques années échoue à se faire comprendre tant dans le monde qu’en France.

Le printemps arabe a été salué à juste titre comme l’avènement de la démocratie après les années noires.

Mais aujourd’hui nous ne pouvons que constater :

  • La victoire d’un parti fondé sur les valeurs de l’islam en Tunisie ;

  • Le retour de la charia par le nouveau gouvernement « démocratique » libyen ;

  • La montée progressive « des frères musulmans » en Égypte ;

  • Les succès électoraux de l’AKP en Turquie.

Les laïcs tunisiens, turcs, égyptiens, libyens n’ont pu faire oublier que cette idée laïque avait été imposée par la force de régimes tyranniques.

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Communiqué sur la présence de l’O.I.L.C.D.C. dans les médias

COMMUNIQUÉ

Observatoire international de la laïcité

contre les dérives communautaires

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires vous informe de sa présence dans les médias.

 

Pierre Moscovici et Alain Juppé ont débattu avec bonne humeur et modération. PHOTO THIERRY DAVID

 

  • Jean-Michel Quillardet participa, en tant que président de l’O.I.L.C.D.C., au colloque national organisé par la LICRA (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) à Bordeaux le 2 avril 2011 sur le thème « la richesse de la diversité dans l’unité de la république ». Un compte rendu paru dans les colonnes du journal Sud Ouest est à votre disposition, pour y accéder merci de cliquer sur ce lien.
  • Par ailleurs, Jean-Michel Quillardet était l’invité le 31 mars dernier de l’émission radio Les Enjeux internationaux de Thierry Garcin sur France Culture, l’émission est rediffusée en podcast. Il y expliqua le fonctionnement comparé de la laïcité dans quelques pays européens. Quelles que soient les ambiguïtés, la complexité voire la confusion du débat actuel sur la laïcité et l’islam en France, a fortiori son instrumentalisation politique, il est utile de regarder à nouveau des modèles laïcs par principe, a fortiori constitutionnellement. Outre celui de la France, on peut comparer deux exemples, celui de la Belgique et celui de la Turquie (certes, ce dernier  faiblement européen sur le plan géographique, sans parler de la religion). Après quoi, ce qui frappe sur le Vieux Continent, c’est la diversité des modèles ou des expériences qui l’emporte, pour le meilleur et pour le pire. Nous vous proposons de réécouter l’émission radio en cliquant sur ce lien.

Lancé en février 2011, pour discuter de la place de l'islam en France, le débat de l'UMP a été recadré en l'espace de quelques semaines. |AFP/JOEL SAGET

La devise républicaine est aussi celle des francs-maçons

Article paru dans le Courrier de l’Ouest, à propos de la Conférence qui s’est tenue à Angers le 06 novembre 2010.

3 QUESTIONS À Jean-Michel Quillardet

« La devise républicaine est aussi celle des francs-maçons »

Jean-Michel Quillardet, ancien grand maître du Grand Orient de France, la plus ancienne loge maçonnique d’Europe, donnait une conférence publique samedi à la faculté de droit d’Angers.

 

1 Pourquoi avoir intitulé votre conférence « Liberté, égalité, fraternité » ?

« Nous avons la même devise que la République et commençons toujours nos travaux en affirmant ces trois valeurs : liberté, égalité, fraternité. La franc-maçonnerie est issue de la pensée des Lumières et les francs-maçons ont toujours été attachés à la liberté de conscience. Ils ont participé à l’évolution intellectuelle avant la proclamation de la République, ont même été les plus fidèles soutiens de la République… avant la République ».

2 Vous êtes aussi président de l’Observatoire international de la laïcité, une autre valeur que défend la franc-maçonnerie.

« Nous sommes en effet très attentifs au principe de laïcité et à celui de l’égalité des citoyens devant la loi. L’Homme est un citoyen avant d’être un croyant, un athée ou un agnostique. Actuellement, nous pensons qu’une certaine conception de la République est en danger, la laïcité aussi ».

3 Avez-vous des exemples ?

« Je peux donner deux exemples en France. Le premier concerne l’évolution des rapports entre l’État et la religion depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. On privilégie le dialogue avec les religions au détriment des autres. Nicolas Sarkozy fait le signe de croix, marquant en tant que président son appartenance à une foi, ce qui est contre le principe de laïcité. Le second a trait à la « communautarisation » de la société. On s’adresse aux juifs, aux musulmans, ce qui a pour effet de faire recroqueviller la société dans les communautés. C’est une conception anglo-saxonne de la société qui n’est pas celle des francs-maçons ».

La laïcité au 21e siècle

Le Centre Communautaire Laïc Juif, ou CCLJ, est une association sans but lucratif sise en Belgique, ayant pour but de promouvoir une vision libre-exaministe du judaïsme, appuyant fortement sur la culture juive, ainsi que la paix au Moyen Orient.

Le CCLJ possède son propre organe de presse, Regards, magazine qui publie dans son numéro 721 un article intitulé « LA LAÏCITÉ AU 21e SIÈCLE » en sollicitant l’opinion d’Éliane Deproost*, secrétaire générale du Centre d’action laïque (CAL) et de Jean-Michel Quillardet, président de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires (OILCDC).

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Communiqué sur les bénéfices que tire l’État des « Quick halal »

Les « Quick Halal », une sérieuse entorse à la laïcité française

Un organisme public ne peut acquitter un impôt religieux

La chaîne de restauration rapide « Quick », numéro 2 sur le marché français, vient de provoquer une polémique en consacrant 14 de ses enseignes – principalement en Île-de-France, sur 470 établissements – exclusivement à la vente de viandes préparées selon les spécifications de la loi musulmane, la Charia.

Cette grave entorse à la laïcité, c’est-à-dire à la séparation entre les religions et l’État, n’aurait pas eu de fondement si l’actionnaire unique de cette entreprise avait été autre que l’État français, en l’occurrence l’organisme public dépositaire de l’épargne des français, à savoir la Caisse des dépôts et consignations, estime l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires. Lire la suite…