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Posts Tagged ‘liberté de conscience’

Combattons l’intolérance religieuse

L’Observatoire international de la laïcité dénonce la montée inacceptable de l’intolérance religieuse au Maghreb, au Proche-Orient et au Moyen-Orient.

Manifestations exprimant le refus de critiquer l’islam, condamnations à des peines d’emprisonnement ferme pour des propos ou des caricatures mettant en cause l’image de Mahomet, demandes officielles auprès de l’Organisation des Nations Unies pour que soit reconnu le délit de blasphème…

Il est urgent que croyants et non-croyants rappellent l’actualité et l’efficience du principe de laïcité, le respect absolu de la liberté de conscience, la liberté et le droit de critiquer toute conception philosophique ou religieuse et fustigent toute idéologie religieuse, dogmatique, sectaire, exigeant pour tous l’exécution de ses propres normes.

La République française a une responsabilité particulière compte-tenu de son histoire et elle ne doit se prêter à aucune complaisance ou modération à l’égard de pratiques religieuses incontestablement tournées contre la démocratie et l’humanisme.

Il appartient à la communauté musulmane de France par ses représentants de dire son engagement pour les libertés d’expressions quelles qu’elles soient, d’accepter la libre critique même caricaturale, d’accepter la spécificité de chacun sur le plan des croyances, des mœurs et de la morale.

La République française ne saurait, par conséquent, tolérer toute forme d’intolérance quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne.

La fermeté laïque est une nécessité quant à l’apaisement des tensions qui traversent notre société.

Il ne peut être transigé avec la liberté et la laïcité.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

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Indignation

La Cour d’appel de Monastir en Tunisie a confirmé lundi 25 juin 2012 la condamnation à sept ans d’emprisonnement d’un jeune tunisien de 28 ans qui avait publié sur sa page facebook des caricatures de Mahomet.

Il avait été condamné en 1ère instance à une peine de sept ans et demi de prison et est d’ores et déjà incarcéré et ce, pour trouble à l’ordre public, « préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale (…) » !!!

Cette décision de justice est évidemment indigne, inacceptable, intolérable.

Sept ans de prison pour avoir manifesté une libre expression.

La révolution démocratique tunisienne a donc recréé le délit de blasphème et porte ainsi atteinte d’une manière moyenâgeuse à la liberté de conscience.

La communauté internationale se tait : aucune réaction d’aucune sorte.

Nous appelons le gouvernement français et l’ensemble des associations de défense des droits de l’homme à faire pression sur le gouvernement tunisien pour que cette décision d’un autre âge soit annulée et le jeune homme en question, immédiatement libéré.

Le silence qui a suivi l’annonce de cette condamnation, qui n’a fait que quelques entre-filés dans la presse française, est par ailleurs inquiétant.

La prise en otage de la laïcité par l’extrême-droite française notamment au cours de la campagne présidentielle et législative ne doit pas intimider et rendre prudent tout ceux qui sont attachés aux principes de laïcité et de liberté de conscience.

Ce n’est pas s’ingérer dans les affaires d’un autre pays, ou d’une autre culture, ce n’est pas stigmatiser une religion ou une population en particulier, ce n’est pas faire preuve de néocolonialisme, ce n’est pas faire le jeu de l’extrême-droite que de condamner de la manière la plus claire, la plus ferme, une décision de justice qui nous ramène au temps des barbaries…

C’est au nom des principes universels de liberté et de démocratie que tous les humanistes doivent aujourd’hui se mobiliser pour que de telles ignominies ne se perpétuent et ne se renouvellent pas ici ou ailleurs.

De compromis en compromis, de concession en concession, de prudence en prudence, nous laissons porter atteinte à la liberté de conscience, fondement même du pacte démocratique.

Que chacun reprenne ses esprits, et sans pudeur, ce combat d’avenir pour l’ensemble de la communauté humaine.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

Une « vraie » laïcité

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires devant la progression inquiétante du Front national lors du premier tour des élections présidentielles entend rappeler :

  • que la laïcité n’a jamais été un instrument juridique de lutte contre telle ou telle croyance, telle ou telle culture, telle ou telle appartenance ;
  • la laïcité n’exclut pas, elle respecte l’autre dans sa différence sur le fondement de la liberté de conscience et de la neutralité de l’État ;
  • que la lutte contre le communautarisme n’est pas un combat contre telle ou telle communauté ethnique ou religieuse, contre la diversité des origines et des cultures, contre le droit à la différence ;
  • la lutte contre le communautarisme, c’est l’application des valeurs républicaines en conférant le droit à la différence sans établissement de différence des droits ;
  • que la laïcité est le produit d’un combat mené au cours des siècles passés par les républicains contre les obscurantistes et intégristes religieux mais également tous les extrémismes politiques et en particulier l’extrême droite française qui s’est toujours opposée à la laïcité républicaine, notamment sous le gouvernement du maréchal Pétain !
  • que les conceptions laïques et anti-communautaristes du Front national, stigmatisant une religion, une ethnie, prônant un nationalisme fermant les frontières et entérinant le droit du sang par rapport au droit du sol, sont le contraire de l’idée républicaine laïque, forgée dès Lumières à nos jours par la République française ;
  • que dans ces conditions, il appartient aux candidats présents au deuxième tour aux élections présidentielles de réaffirmer les principes républicains sans concession aucune aux dérives soi-disant laïques soutenues par le Front national.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

La devise républicaine est aussi celle des francs-maçons

Article paru dans le Courrier de l’Ouest, à propos de la Conférence qui s’est tenue à Angers le 06 novembre 2010.

3 QUESTIONS À Jean-Michel Quillardet

« La devise républicaine est aussi celle des francs-maçons »

Jean-Michel Quillardet, ancien grand maître du Grand Orient de France, la plus ancienne loge maçonnique d’Europe, donnait une conférence publique samedi à la faculté de droit d’Angers.

 

1 Pourquoi avoir intitulé votre conférence « Liberté, égalité, fraternité » ?

« Nous avons la même devise que la République et commençons toujours nos travaux en affirmant ces trois valeurs : liberté, égalité, fraternité. La franc-maçonnerie est issue de la pensée des Lumières et les francs-maçons ont toujours été attachés à la liberté de conscience. Ils ont participé à l’évolution intellectuelle avant la proclamation de la République, ont même été les plus fidèles soutiens de la République… avant la République ».

2 Vous êtes aussi président de l’Observatoire international de la laïcité, une autre valeur que défend la franc-maçonnerie.

« Nous sommes en effet très attentifs au principe de laïcité et à celui de l’égalité des citoyens devant la loi. L’Homme est un citoyen avant d’être un croyant, un athée ou un agnostique. Actuellement, nous pensons qu’une certaine conception de la République est en danger, la laïcité aussi ».

3 Avez-vous des exemples ?

« Je peux donner deux exemples en France. Le premier concerne l’évolution des rapports entre l’État et la religion depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. On privilégie le dialogue avec les religions au détriment des autres. Nicolas Sarkozy fait le signe de croix, marquant en tant que président son appartenance à une foi, ce qui est contre le principe de laïcité. Le second a trait à la « communautarisation » de la société. On s’adresse aux juifs, aux musulmans, ce qui a pour effet de faire recroqueviller la société dans les communautés. C’est une conception anglo-saxonne de la société qui n’est pas celle des francs-maçons ».