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Posts Tagged ‘séparation des églises et de l’État’

110e ANNIVERSAIRE DE LA LOI DU 9 DÉCEMBRE 1905

textes-legislatifs-iii-la-separation-des-eglises-et-de-l-etat-loi-du-9-decmebre-1905-e-dispositions-legislatives-qui-y-sont-versees-2e-edition-de-collectif-925600336_MLLe 9 décembre prochain, nous célébrerons le 110e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des églises et de l’État.

Puissions-nous, comme pour le centenaire en décembre 2005, nous rassembler tous pour clamer à nouveau le principe de laïcité dans la République française.

Nous rappelons à cet égard que le 9 décembre 2005, les obédiences maçonniques, à l’époque nous présidions le Grand Orient de France, remettaient au président de l’assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, les cahiers de laïcité reprenant les demandes du monde laïque, aujourd’hui toujours actuelles, telles que la fin du concordat, la création d’une journée officielle de la laïcité en France, l’enseignement de la laïcité à l’école, la constitutionnalisation de la loi de 1905…

L’après-midi même, une grande manifestation était organisée de la Bastille à Richelieu Drouot, réunissant les obédiences maçonniques adogmatiques et libérales, le Grand Orient de France en particulier, la Libre Pensée, la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’homme, l’UFAL…

Tous les laïques, dans la dignité et très nombreux, rappelèrent ainsi que la laïcité est un bien précieux pour l’ensemble de la nation alors même qu’elle était à l’époque menacée notamment par le célèbre rapport Machelon…

À l’issue de cette manifestation plusieurs prises de paroles fortes eurent lieu, Marc Blondel pour la Libre Pensée, Jean-Michel Ducompte pour la Ligue de l’Enseignement, moi-même à l’époque pour le Grand Orient de France et, si des sensibilités différentes ont pu s’exprimer, le même « amour » de la laïcité était parfaitement entendu.

La presse écrite et audiovisuelle s’en faisait un large écho.

La veille, au siège du Grand Orient de France, en présence des associations laïques et obédiences européennes, Anne Hidalgo elle-même rappelait son attachement au principe de laïcité. Ce fut une belle journée…

Certes, le 110e anniversaire n’a pas la même force symbolique que le 100e, mais en cette époque troublée par des revendications identitaires et communautaristes de plus en plus prégnantes, après la tragédie du 7 janvier et les leçons qui n’ont pas été tirées du mouvement du 11 janvier 2015, alors même que le monde politique donne le triste spectacle de la surenchère et de la démagogie et que l’extrême droite confond laïcité et chasse aux musulmans, il nous paraît impératif de nous réunir à nouveau sous le mot d’ordre qui fut le nôtre en 2005 : « Vivre ensemble dans la République, malgré nos différences ».

L’OBSERVATOIRE INTERNATIONAL DE LA LAÏCITÉ CONTRE LES DÉRIVES COMMUNAUTAIRES.

Son Président,

Jean-Michel Quillardet

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Communiqué sur le recul de la liberté d’expression en Pologne

 

Golgota picnicL’Observatoire international de la laïcité entend dénoncer l’annulation du spectacle « Golgota picnic » de Rodrigo Garcia, initialement programmé le 9 juin dernier, dans le cadre du festival interdisciplinaire Malta de Poznań, en Pologne.

Une pétition qui aurait été signée par plus de 67 000 personnes aurait demandé l’interdiction de cette pièce considérée comme « un blasphème public et explicite qui ne peut être toléré par aucun chrétien (…) ».

La direction du festival a expliqué que cette lettre fut reprise par les médias de droite et catholiques, qui lui ont donné un large écho.

L’archevêque de Poznań a lui-même condamné la pièce et demandé son interdiction.

Le maire de Poznań, au prétexte que la sécurité du spectacle ne pouvait être assurée, a demandé à la direction du festival son annulation, ce que, contrainte et forcée, elle a accepté.

Heureusement de nombreux Polonais se sont élevés contre cette ingérence inacceptable de la religion dans l’expression artistique.

Ils dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et de création.

L’Observatoire international de la laïcité reprend à son compte ce combat.

Au moment où en France, les principes de laïcité sont, le plus souvent circonscrits à des problèmes posés par la communauté musulmane, il est important de rappeler que l’intégrisme religieux partage toutes les religions quelles qu’elles soient.

Que des catholiques n’apprécient pas un spectacle, c’est leur droit, qu’ils le critiquent, ou même qu’ils le dénoncent, cela fait partie du débat démocratique.

Mais que des autorités religieuses et des autorités politiques, fassent pression pour l’annulation d’une pièce de théâtre est évidemment non-seulement un crime contre l’esprit mais une atteinte au principe de la séparation du religieux et du profane, des églises et de l’État.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

 

La laïcité dans la Constitution… (3)

L’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires s’était félicité de la constitutionnalisation de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État proposée par François Hollande.

Il a exprimé ses plus expresses réserves quant à la constitutionnalisation, de facto, du statut dérogatoire de l’Alsace, de la Moselle et des départements et territoires d’outre-mer.

Pierre Moscovici, directeur de la campagne de François Hollande, dans une interview donnée dimanche 12 février à BFM TV a réaffirmé la constitutionnalisation du concordat et indiqué que seul l’article 1er de la loi de 1905 figurerait dans la constitution.

L’Observatoire international de la laïcité entend exprimer ici ses regrets les plus profonds.

En effet, l’article 1 est celui qui pose le moins de problème et sur lequel il y a un large consensus dans la République et on pourrait même considérer que le terme laïcité repris dans l’article 1er de la Constitution reprend, grosso modo, les principes édictés par l’article 1 (liberté de conscience, liberté des cultes…).

C’est l’article 2 (« La République ne salarie ou ne subventionne aucun culte… ») qui pose le plus de difficultés.

Mais c’est naturellement celui-ci qui doit être marqué du marbre de la Constitution pour qu’on ne revienne plus sur ce principe fondamental.

L’Observatoire international de la laïcité constate la timidité de la gauche républicaine et demande qu’il soit bien exprimé que l’article 2 de la loi de 1905 soit également inscrit dans la Constitution de la République française.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires