Communiqué sur l’enseignement laïque de la morale à l’école

Monsieur Vincent Peillon alors ministre de l’éducation nationale avait pris deux initiatives tout à fait positives :

  • Élaborer, afficher et expliquer une charte de la laïcité à l’école ;

  • Créer un enseignement de morale laïque.

Sur ce dernier point, le ministre avait désigné une commission tendant à définir cet enseignement.

Un rapport a été déposé et il a été finalement décidé de modifier le terme et de retenir celui d’enseignement laïque de la morale.

Celui-ci devait être effectif à la rentrée 2014 ou 2015.

Force est aujourd’hui de constater que le successeur de M. Peillon, M. Benoît Hamon a renié les engagements pris par son prédécesseur.

On apprend aujourd’hui en effet que le terme enseignement laïque de la morale est transformé en enseignement civique et moral !

Le terme laïque n’apparaît qu’une fois dans l’exposé des sept grands principes qui sous-tendent ce nouveau programme, proposé du cours préparatoire à la classe de troisième.

C’est ce qui ressort des propositions du ministre au Conseil supérieur des programmes publiées le 3 juillet dernier et qui rappellent étrangement les actuels enseignements d’éducation civique.

Ainsi une fois encore la laïcité fait peur, et réduire cet enseignement laïque de la morale a une simple instruction civique revient naturellement à un retour en arrière.

C’est donc à nouveau au sein même du ministère de l’éducation nationale le triomphe de ceux qui pensent que le terme laïque est un « gros mot » et peut mettre en danger la diversité.

C’est donc un recul qui doit être dénoncé de la manière la plus ferme.

Monsieur Hamon n’est pas Monsieur Peillon, et nous ne pouvons que regretter cet invraisemblable recul, sur ce point, du gouvernement.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

Chargé de l’enseignement de la laïcité à l’université d’Évry

Communiqué sur le recul de la liberté d’expression en Pologne

 

Golgota picnicL’Observatoire international de la laïcité entend dénoncer l’annulation du spectacle « Golgota picnic » de Rodrigo Garcia, initialement programmé le 9 juin dernier, dans le cadre du festival interdisciplinaire Malta de Poznań, en Pologne.

Une pétition qui aurait été signée par plus de 67 000 personnes aurait demandé l’interdiction de cette pièce considérée comme « un blasphème public et explicite qui ne peut être toléré par aucun chrétien (…) ».

La direction du festival a expliqué que cette lettre fut reprise par les médias de droite et catholiques, qui lui ont donné un large écho.

L’archevêque de Poznań a lui-même condamné la pièce et demandé son interdiction.

Le maire de Poznań, au prétexte que la sécurité du spectacle ne pouvait être assurée, a demandé à la direction du festival son annulation, ce que, contrainte et forcée, elle a accepté.

Heureusement de nombreux Polonais se sont élevés contre cette ingérence inacceptable de la religion dans l’expression artistique.

Ils dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et de création.

L’Observatoire international de la laïcité reprend à son compte ce combat.

Au moment où en France, les principes de laïcité sont, le plus souvent circonscrits à des problèmes posés par la communauté musulmane, il est important de rappeler que l’intégrisme religieux partage toutes les religions quelles qu’elles soient.

Que des catholiques n’apprécient pas un spectacle, c’est leur droit, qu’ils le critiquent, ou même qu’ils le dénoncent, cela fait partie du débat démocratique.

Mais que des autorités religieuses et des autorités politiques, fassent pression pour l’annulation d’une pièce de théâtre est évidemment non-seulement un crime contre l’esprit mais une atteinte au principe de la séparation du religieux et du profane, des églises et de l’État.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

 

Communiqué sur la Charte de la laïcité dans les écoles de la République :

L’Observatoire international de la laïcité salue l’élaboration et l’affichage de la charte de la laïcité dans les écoles de la République et remercie Monsieur Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, pour sa détermination et son sens des valeurs à l’égard de ce texte.

L’Observatoire international rappelle que c’est son président qui, lors de la conférence sur la refondation de l’école de la République, a lancé l’idée de cette charte de la laïcité spécifique à l’école de la République, à destination des élèves, des enseignants et des parents d’élèves… Le ministre de l’éducation nationale lui avait alors demandé de participer à une commission quant à l’élaboration de ce texte, avec des universitaires, philosophes et inspecteurs de l’éducation nationale…

Le texte proposé par cette commission est très exactement, peu ou prou, le même que celui retenu par le ministre. C’est donc une avancée considérable dans la défense et le rappel des principes laïques et républicains.

Voici la charte de la laïcité à l’école (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

Voici la charte de la laïcité à l'école

 

Crèche Baby Loup : une loi, mais quelle loi ?

Les arrêts de la Cour de cassation rendus le 19 mars dernier permettent de cadrer la prochaine loi concernant la question de la neutralité confessionnelle et la laïcité dans des structures d’ordre privé.

Il n’est pas question pour nous, respectant en cela les principes de la laïcité républicaine, d’étendre le principe de la laïcité à toutes les entreprises privées de manière obligatoire ainsi qu’à toutes les structures quelles qu’elles soient qui s’occupent des enfants…

De telles dispositions se heurteraient à notre sens à la censure du Conseil constitutionnel et à celle in fine de la Cour européenne des droits de l’homme.

Une extension drastique de la laïcité à la sphère privée serait totalement contre-productif et ne ferait que donner des armes à ceux qui combattent la laïcité républicaine.

C’est donc, pour nous, in-envisageable.

Il nous semble par contre que la loi pourrait prendre deux dispositions :

  • Étendre la laïcité et en particulier la neutralité confessionnelle à toutes les structures privées de la petite enfance qui sont subventionnées par des collectivités publiques, ou qui reçoivent des délégations de service public ;

  • Autoriser la modification des articles du Code du travail qui interdisent aux règlements intérieurs de prévoir des dispositions concernant les options confessionnelles des salariés et permettre alors aux entreprises d’inscrire dans le règlement intérieur, si elles le souhaitent et uniquement si elles le souhaitent, en accord avec les organisations syndicales, le principe de laïcité.

Le dispositif, adopté par le Sénat mais pas encore par l’Assemblée nationale, concernant les assistantes maternelles, fondé sur le contrat entre les parents et l’assistante maternelle, s’inscrit dans cette proposition.

Les partisans de la laïcité républicaine doivent la défendre avec force et vigueur mais il ne faut pas occulter le fait qu’aujourd’hui elle ne vise que la question du voile et par conséquent l’islam et les musulmans…

Attention alors de ne pas faire accroire à la stigmatisation d’une catégorie de la population.

Il convient d’expliquer la laïcité en tant que rassemblement et non pas exclusion.

L’enseignement de la laïcité à l’école, à l’université et dans les écoles de formation de fonctionnaires est indispensable.

Il appartient aussi aux représentants du culte musulman et aux intellectuels de faire partager cette idée, bien commun de tous, et séparation claire de la sphère publique et de la sphère privée.

La laïcité c’est d’abord la liberté.

Elle s’impose dans l’espace public.

Elle peut être contractualisée sans obligation dans le secteur privé.

Jean-Michel Quillardet

Chargé d’enseignement de la laïcité à l’Université d’Évry

Président de l’Observatoire international de la laïcité

PS : Jean-Michel QUILLARDET participera jeudi 18 avril à 23h21 sur France Ô, émission Toutes les France, à un débat intitulé « La laïcité à la conquête du privé ».

LAÏCITÉ : CONFUSIONS ET RAISONS

Deux décisions juridictionnelles mettent en émoi les défenseurs de la laïcité républicaine.

Pour autant, sachons raison garder et, avec distance, analysons objectivement les termes utilisés par les deux plus hautes juridictions de notre pays.

Le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 22 février 2013, a rendu un grand service à la laïcité.

En effet, dans son cinquième considérant, il confère à la loi de 1905 dans ses deux principes une valeur constitutionnelle.

Les mots et leur utilisation ont un sens et le Conseil constitutionnel, qui sait les manier avec beaucoup d’habilité et de force, ne s’y est pas trompé.

Après avoir rappelé l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, il dit :

« Que le principe de laïcité figure au nombre des droits et libertés que la constitution garantit ; qu’il en résulte la neutralité de l’État ; qu’il en résulte également que la République ne reconnaît aucun culte ; que le principe de laïcité impose notamment le respect de toutes les croyances, l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion ; que la République garantisse le libre exercice des cultes, et qu’il implique que celle-ci ne salarie aucun culte (…) »

L’article 2, de la loi du 9 décembre 1905, qui posait le plus de problème, « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », se voit ainsi conférer par la plus haute juridiction de France valeur constitutionnelle.

C’est la première fois sans doute que le Conseil constitutionnel affirme avec autant d’éclats ce principe et donne une définition particulièrement pertinente de la laïcité.

C’est la raison pour laquelle nous pensons que le fait que le pouvoir actuel ne souhaite plus constitutionnaliser la loi de 1905, n’a plus guère d’importance dans la mesure où le Conseil constitutionnel vient de le faire lui-même.

Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Certes, la haute juridiction ne censure pas le caractère exorbitant de droit commun du statut concordataire applicable à l’Alsace et à la Moselle mais, dit très précisément sur ce point que dans la mesure où la constitution de 1946 et la constitution de 1958 n’ont pas remis en cause ce statut, il n’appartient pas au Conseil de constitutionnel de le remettre en cause, transférant au fond cette responsabilité au pouvoir politique…

Un jour ou l’autre, les pouvoirs publics en prendront conscience et auront le courage politique de mettre un terme à cette exception sans fondement juridique.

La deuxième décision est évidemment plus problématique : c’est l’arrêt de la Cour de cassation du 19 mars 2013 qui casse l’arrêt de la Cour d’appel de Paris qui avait justifié le licenciement d’une salariée de la Crèche Baby Loup refusant d’enlever son voile dans l’exercice de son emploi auprès des enfants.

La Cour de cassation dans son arrêt a à la fois tort et raison.

Elle a tort sur le plan de l’espèce car la crèche Baby Loup présentait deux particularités : d’une part, de mettre clairement dans son règlement intérieur la nécessité d’une neutralité stricte au regard des manifestations de croyance et d’autre part, d’élaborer un projet spécifique et singulier de crèche associative, dotée de mission de service public par un certain nombre de collectivités locales.

Une structure privée, qui exerce un service public et qui, très clairement dans son règlement intérieur, interdit tout signe extérieur d’expression religieuse quelle qu’elle soit, ne porte pas atteinte à la liberté religieuse, contrairement à ce que dit la Cour de cassation mais exprime à ses salariés, la particularité de cette structure et les obligations auxquelles les salariés doivent se soumettre.

Personne n’est forcé de travailler au sein de la crèche Baby Loup et personne n’est forcé d’y rester si les orientations de cette entreprise ne sont pas conformes à ce que tel ou tel salarié souhaite pour lui-même…

Par contre, il nous semble que la Cour de cassation a raison lorsqu’elle stipule que le principe de la laïcité n’oblige aucunement les entreprises privées et le secteur privé.

C’est parfaitement exact et cela nous paraît juste.

En effet, la laïcité c’est la séparation des églises et de l’État, du spirituel et du temporel mais aussi la séparation de la sphère publique et de la sphère privée.

La laïcité républicaine est une obligation dans l’espace public mais pas dans le cadre des comportements privés et du secteur privé…

Les entreprises privées peuvent elles-mêmes déterminer notamment par leur règlement intérieur leur politique à l’égard des manifestations ou revendications religieuses en leur sein et ce, en accord avec les organisations syndicales… À elles de dire si elles souhaitent devenir des entreprises où la laïcité devient un caractère propre et donc une obligation pour les salariés ou non.

Faut-il une loi pour permettre aux entreprises privées d’affirmer leur caractère laïque ?

Toutefois, la République doit faire appliquer le principe de laïcité avec fermeté dans l’espace public, mais laisser à la conscience individuelle de chacun le choix de l’expression ou non de ses convictions dans tout ce qui relève du privé et du secteur privé.

Il y va de l’unité de la communauté nationale.

Jean-Michel Quillardet

Président de l’Observatoire international de la Laïcité

Chargé d’enseignement de la laïcité à l’Université d’Evry

NB : Ce texte peut être repris et publié par qui le souhaite

LAÏCITÉ, CODE CIVIL ET RELIGION

Les trois religions monothéistes, par l’intermédiaire de leurs représentants, refusent le mariage pour tous, tel que prévu dans le projet de loi présenté au Conseil des ministres et qui modifierait ainsi les termes du Code civil.

Les églises et les cultes ont parfaitement le droit d’exprimer leurs revendications et leurs oppositions fondées sur des valeurs religieuses. La laïcité ne peut porter atteinte à la liberté d’opinion et d’expression. Mais personne ne peut remettre en cause les principes fondamentaux de la République : la liberté et l’égalité.

Que les religions refusent le mariage homosexuel et qu’elles préconisent à leurs adeptes de ne pas l’accepter pour eux-mêmes, la laïcité n’est pas atteinte. La laïcité ne s’intéresse pas aux dogmes religieux. Par contre, les laïcs ne peuvent accepter que des communautés, quelles qu’elles soient, veulent imposer aux autres leurs propres normes.

Ne pas reconnaître la possibilité pour deux femmes ou pour deux hommes de se marier sur le plan civil et ainsi de modifier le Code civil, c’est tout simplement considérer que ces femmes ou ces hommes, compte-tenu de leur homosexualité, ne sont pas tout à fait comme les autres et ne doivent pas bénéficier de tous les droits.

Des êtres humains pas tout à fait comme les autres ?!

Cela signifie que les homosexuels constitueraient une sous-catégorie de citoyens, une sous-catégorie humaine, une sous-catégorie qui ne leur permettrait pas d’accéder aux droits ouverts aux hétérosexuels.

Aucun argument sérieux, aucun exercice serein de la raison ne peut faire valoir aujourd’hui dans notre société qu’un homosexuel n’est pas un homme ou une femme comme les autres, aussi digne que les autres, devant être autant que les autres garanti de l’exercice de la liberté, des droits imprescriptibles de la personne humaine, de l’égalité.

Refuser le mariage homosexuel, ne revient-il pas, en poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde, à interdire aux homosexuels d’exercer des emplois publics tels que maire, parlementaire ou ministre ?!

Les arguments anthropologiques utilisés par le Grand-Rabbin de France, l’archevêque de Paris et le président du Conseil français du culte musulman sont irrecevables. La nature humaine a évolué au cours des siècles. L’homosexualité a toujours existé depuis l’origine de l’humanité et elle existe même nous dit-on dans le champ végétal et animal…

Que les religions restent sur leurs positions, c’est leur droit le plus strict. Mais qu’elles n’empêchent pas que le législateur puisse aussi ouvrir cette possibilité à celles et ceux qui ne se reconnaissent dans aucune espèce de religion. Le mariage homosexuel traduit purement et simplement l’égalité des droits et l’exercice de la liberté individuelle. Nous sommes au coeur de l’idée de la séparation des églises et de l’État si bien affirmée par Victor Hugo. Les religions ont le droit de refuser pour elles-mêmes le mariage homosexuel, mais elles ne peuvent en aucun cas empêcher l’État de donner cette possibilité à tous.

Quant à l’argument qui consiste à dire que c’est la structure familiale, pilier de notre société, qui sera ainsi remise en cause, il convient d’opposer que la famille n’est pas une valeur absolue mais une valeur relative. Elle est comme la langue d’Ésope : le pire et la meilleure des choses et l’histoire de notre littérature l’a bien démontré. Que d’enfants élevés par un père et une mère malheureux… Ce qui compte ce n’est pas la famille traditionnelle, c’est l’amour donné aux enfants par celles et ceux qui les éduquent. Ce n’est pas la famille au sens classique du terme qu’il faut nécessairement valoriser, c’est d’abord et avant tout le bonheur et l’amour des enfants. Et cet amour peut être donné par un homme et une femme, deux femmes ou deux hommes.

 

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

Combattons l’intolérance religieuse

L’Observatoire international de la laïcité dénonce la montée inacceptable de l’intolérance religieuse au Maghreb, au Proche-Orient et au Moyen-Orient.

Manifestations exprimant le refus de critiquer l’islam, condamnations à des peines d’emprisonnement ferme pour des propos ou des caricatures mettant en cause l’image de Mahomet, demandes officielles auprès de l’Organisation des Nations Unies pour que soit reconnu le délit de blasphème…

Il est urgent que croyants et non-croyants rappellent l’actualité et l’efficience du principe de laïcité, le respect absolu de la liberté de conscience, la liberté et le droit de critiquer toute conception philosophique ou religieuse et fustigent toute idéologie religieuse, dogmatique, sectaire, exigeant pour tous l’exécution de ses propres normes.

La République française a une responsabilité particulière compte-tenu de son histoire et elle ne doit se prêter à aucune complaisance ou modération à l’égard de pratiques religieuses incontestablement tournées contre la démocratie et l’humanisme.

Il appartient à la communauté musulmane de France par ses représentants de dire son engagement pour les libertés d’expressions quelles qu’elles soient, d’accepter la libre critique même caricaturale, d’accepter la spécificité de chacun sur le plan des croyances, des mœurs et de la morale.

La République française ne saurait, par conséquent, tolérer toute forme d’intolérance quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne.

La fermeté laïque est une nécessité quant à l’apaisement des tensions qui traversent notre société.

Il ne peut être transigé avec la liberté et la laïcité.

Jean-Michel QUILLARDET

Président de l’Observatoire International de la Laïcité

contre les dérives communautaires

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.